Fiche éditoriale
Lecture 5 min
Avant de monter une holding au Panama, fais déjà ton premier euro de vente. Jérôme est clair : l'optimisation fiscale ne sert à rien sans chiffre d'affaires. Commence avec la structure la plus simple possible, puis optimise quand tu dépasses 50 000 € de marge.
Le piège numéro 1 : optimiser avant de vendre
Jérôme le dit sans détour dans cette vidéo : "On a eu des personnes qui ne se lançaient pas parce qu'elles voulaient déjà monter toute une structure juridique alors qu'elles n'avaient pas encore fait le moindre euro de chiffre d'affaires."
C'est le syndrome de la perfection avant l'action. Tu passes des semaines à comparer SASU, LLC américaine et société estonienne — pendant ce temps, ton concurrent teste ses premiers produits et encaisse ses premières ventes.
La règle simple : optimise ta fiscalité quand tu génères 50 000 à 100 000 € de chiffre d'affaires et de marge. Avant ça, optimise tes listings. Un listing bien travaillé génère plus de commandes, plus de ventes, plus de marge — et ça, ça a un impact immédiat sur ton business.
Quelle structure choisir pour démarrer ?
Il n'existe pas de réponse universelle. Ton choix dépend de ta situation personnelle : es-tu salarié en parallèle ? As-tu déjà un statut existant ? Quel est ton niveau de tolérance administrative ?
| Statut | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Auto-entreprise | Création en 24h, zéro comptabilité complexe, idéal pour tester | Plafonds de CA (77 700 € services / 188 700 € vente), pas de déduction de charges réelles |
| SASU | Déduction de frais, protection patrimoine perso, crédible auprès des fournisseurs | Comptabilité obligatoire, coût de création et de gestion, charges sociales |
| SARL / EURL | Structure classique, bien connue des banques et experts-comptables | Moins flexible que la SASU pour se rémunérer en dividendes |
Jérôme précise : "Rien n'est figé. Si tu ouvres une auto-entreprise et que ça prend, tu montes ta société ensuite." La transition est possible, même si elle demande un peu de travail côté Seller Central pour justifier le changement d'entité.
Ce que tu peux déduire en société (et pas en auto-entreprise)
Dès que tu passes en société (SASU, SARL, etc.), tu accèdes à des leviers de déduction légaux qui allègent réellement ta fiscalité :
- Téléphone et matériel informatique (ordinateur, écran, accessoires)
- Quote-part de ton logement dédiée à l'activité (bureau à domicile)
- Frais kilométriques pour les déplacements professionnels
- Repas d'affaires dans la limite des plafonds fiscaux
- Abonnements et logiciels (Helium 10, Keepa, Sellerboard, cockpitLAB…)
- Formations professionnelles — cette formation Amazon FBA est déductible si tu es en société
Ces déductions réduisent ton bénéfice imposable. Ce n'est pas de l'évasion fiscale, c'est de la gestion normale d'entreprise.
Les structures offshore : quand et pour qui ?
LLC américaine, société estonienne, holding à Hong Kong, SCI… Ces montages existent et sont légaux. Mais ils impliquent presque toujours une expatriation réelle ou une résidence fiscale dans le pays concerné.
Jérôme est transparent sur sa propre situation : "Notre société est au Luxembourg parce qu'on y habite. Si on habitait à Paris, on aurait créé notre société à Paris. On n'a pas cherché à optimiser fiscalement."
Avant de t'aventurer dans ces montages, voici les questions à te poser :
- Es-tu prêt à changer de résidence fiscale ? (Cela implique de quitter physiquement la France plus de 183 jours par an)
- As-tu les moyens de payer un fiscaliste international ? (Plusieurs milliers d'euros minimum)
- Ton chiffre d'affaires justifie-t-il vraiment la complexité administrative ?
- As-tu pensé à l'impact sur ta retraite et tes droits sociaux ?
Si tu veux explorer ce sujet sérieusement, Jérôme recommande la formation Offshore Mastery de Julien Vautel, qu'il cite comme une des plus complètes sur le sujet de l'expatriation et de l'optimisation fiscale internationale.
La TVA : ce que tout vendeur Amazon doit savoir
La TVA est souvent le premier vrai sujet fiscal qui te concerne dès que tu commences à vendre :
- En auto-entreprise sous le seuil de franchise (jusqu'à 91 900 € de CA pour la vente de biens en 2024) : tu ne collectes pas de TVA, tu factures HT. Simple, mais tu ne récupères pas non plus la TVA sur tes achats.
- Au-delà du seuil ou en société assujettie : tu collectes la TVA à 20 % sur tes ventes, tu la reverses à l'État, mais tu récupères la TVA sur tes achats (stock, logiciels, matériel).
- Ventes dans d'autres pays de l'UE : depuis juillet 2021, le guichet OSS (One Stop Shop) permet de déclarer et payer la TVA de tous les pays européens en une seule déclaration en France.
- Stockage FBA dans d'autres pays (Allemagne, Espagne, Italie…) : tu peux avoir des obligations de TVA locales. Renseigne-toi avant d'activer le programme Pan-European FBA.
Erreurs classiques à éviter absolument
- Attendre d'avoir la structure parfaite pour lancer. Chaque semaine perdue = des ventes perdues.
- Créer une société offshore sans résider dans le pays. C'est illégal si tu restes fiscalement résident français.
- Ignorer la TVA dans tes calculs de marge. Si tu deviens assujetti à la TVA, ton prix de revient change.
- Ne pas prévoir les cotisations sociales en SASU. Si tu te verses un salaire, les charges patronales et salariales peuvent dépasser 70 % du brut.
- Mélanger compte perso et compte pro. Ouvre un compte bancaire dédié dès le premier jour (Revolut Business est une option simple).
- Ne pas consulter un expert-comptable avant de choisir ton statut. Un mauvais choix initial peut coûter cher à corriger.
Ressources et outils recommandés
Pour gérer ta comptabilité et ta fiscalité Amazon sans te noyer :
- Dougs — expert-comptable en ligne spécialisé e-commerce, tarifs clairs, interface simple
- Sellerboard — tableau de bord P&L Amazon en temps réel, indispensable pour connaître ta vraie marge
- Revolut Business — compte bancaire pro, ouverture rapide, frais réduits sur les virements internationaux
Action cette semaine
- Décide de ton statut de départ : auto-entreprise si tu veux tester vite, SASU si tu es déjà convaincu et prêt à investir dans la structure
- Ouvre un compte bancaire professionnel séparé de ton compte perso (Revolut Business ou autre)
- Calcule ton seuil de franchise TVA et note la date à partir de laquelle tu pourrais le dépasser
- Contacte un expert-comptable (Dougs ou autre) pour valider ton choix de statut selon ta situation personnelle
- Identifie les frais déductibles que tu peux déjà documenter : abonnements, matériel, espace de travail
- Ne passe pas plus de 2 heures sur la question fiscale avant d'avoir lancé ton premier produit — reviens-y quand tu approches 50 000 € de CA
